Départ à 7 h 45, après un petit déjeuner copieux,
comme le menu du jour : 170 kms de " saute moutons " sur les terrasses
du Ventoux. La journée s'annonce belle, pas d'orage à l'horizon, du
ciel bleu avec un petit vent pour éviter la surchauffe dans
l'après-midi.
José, notre président, est radieux après la victoire de son équipe
à l'issue d'une partie de pétanque d'anthologie.
Les 13 cyclos pradéens sont fin prêts pour cette 1ère journée provençale.
Bédoin, au milieu des vignes, est encore endormi au départ de l'ACP
direction de Malaucène. 5 kms de mise en jambes et déjà le 1er col
du jour, le col de la Madeleine, gentil et roulant, que l'ACP bien
groupe monte au train . A l'approche du sommet, Jean en profite pour
glaner des points au " maillot à pois ". Alain l'Ariégeois a mis la
" plaque " impressionnant. Le paysage est magnifique au lever du soleil.
La descente sur Malaucène, toute en lacets, au milieu des pins et
des chênes est technique et rapide et nous arrivons à Malaucène, lieu
de départ de la montée du Ventoux, côté nord. Joli village provençal
que l'ACP traverse sans encombre (le cafés et le marché sont encore
vides à cette heure) et bifurque sur Entrechaux qui marque le début
de la Haute Provence.
Perché sur un piton rocheux, le château d'Entrechaux qui nous salue
à notre passage - 21 kms sans souci. Ne cherchons pas les noms des
rues à Entrechaux, il n'y en a pas. Nous poursuivons vers Mollans
sur Ouvèze où l'ACP va se scinder en deux.
Encore deux châteaux et deux monastères autour de Mollans, vestiges
de l'époque féodale. Après une courte pause, le groupe présidentiel
repart vers Pierrelongue à Eygalières où commence le 2ème col, le
col de Fontaube, sur une très belle route plate jusqu'à Plaisans où
Gérard et Michel procèdent à un serrage de guidon récalcitrant. Faut
pas plaisanter avec la sécurité.
Après le village, la route serpente en lacets pendant 5 kms, la pente
est régulière et les pourcentages progressifs au milieu des champs
de tilleuls ; nous atteignons le sommet sans difficulté. Chacun à
son rythme et surveillés par la silhouette du Mont Ventoux impressionnant
du haut du col de Fontaube où notre assistance nous rejoint pile poil
à l'heure pour le plein des bidons.
Nous continuons vers Reilhanette, droit vers la vallée de Toulourenc
et passons devant le très beau village de Brantes (Pâques en Provence
pour les initiés FFCT), accroché au flanc du Ventoux, à la frontière
de la Drôme provençale, suspendu au dessus de la vallée du Toulourenc.
A Reilhanette, l'ACP bien groupée roule vers Montbrun les bains, un
des plus beaux villages de France, entouré de champs de lavande.
Le soleil commence à cogner fort à l'approche du méchant col de Macuègne,
3ème de la journée, 9.4 kms d'ascension via le village de Barret de
Liure où nous apercevons les lacets surplombant la vallée et menant
au village. Perché au dessus de la plaine de l'Anary.
Oh là ! vu la pente, cela ne va pas être une partie facile. Attention,
ne pas se mettre dans le rouge. Chacun son régime de croisière et
regroupement prévu au sommet du col. Au village, deux cyclos nous
encouragent , plus que deux kilomètres moins durs.
Le dernier km et les cyclos débouchent sur le plateau. La vue est
dégagée et magnifique ; faire un ravitaillement obligatoire et eau
en abondance pour éviter la déshydratation. Gérard termine au courage,
Vincent prend quelques photos, pendant que Jean, José et consorts
rechargent en " sucres ", pas facile Macuègne ( km 65).
Tous en selle pour une descente sur le gros plateau vers Séderon et
Villefranche le château, où nous faisons le plein des bidons et prenons
une douche rapide à la fontaine du village puis dans le sillage des
motards allemands ; nous roulons sur une belle route plate vers Saint
Auban sur Ouvèze ; village pittoresque avec sa colline de châtaigniers.
Nous atteignons Sainte Euphémie sur Ouvèze ( km92) fondé par les templiers
et cédée aux Grimaldi de Monaco avant la Révolution. En terme de révolution,
l'ACP cherche à saisir " un coin à l'ombre au bord de l'Ouvèze " où
Aline et Marie-Ange nous servent sur un plateau un succulent pique
nique qui va doper l'ACP pour une demi étape qui s'annonce chaude.
Au pied des cerisiers et à l'ombre des tilleuls, une courte sieste,
avant une reprise des hostilités vélocipédiques prévue à 14 heures.
Via Buis les Baronnies sous un soleil étincelant mais auparavant douche
à la fontaine de Sainte Euphémie (quel plaisir ! !). L'ACP roule dans
la plaine de l'Ouvèze, 12 kms de légère descente en suivant l'Ouvèze
et arrêt café à Buis les baronnies avant d'affronter le 4ème col de
la journée, le col de Propiac ( 8 kms), pas très haut, mais difficile
par la pente et la chaleur.
L'ACP est à la peine mais chacun grimpe à son allure. Nous atteignons
le village de Propiac les bains, çà grimpe dur et les cyclos n'ont
pas le temps de prendre un bain aux sources connues depuis l'Antiquité.
Allez, un dernier coup de rein et chaque cyclo atteint le sommet de
Propiac.
Même le feu tricolore n'a pas arrêté l'ACP. Une courte descente vers
Mérindol les Oliviers et Faucon est traversé enfin presque. Une montée
sérieuse, avec un "" gros Q " au milieu de la chaussée. Difficile
de passer hein ! Jean pris en flagrant délit de " marche pédestre
" ( km 115).
L'ACP se recentre et nous atteignons le village de Saint Romain en
Viennois, village agricole, excellent vin de côtes du Rhône et producteur
d'une huile d'olives fruitée. En parlant d'huile, les cyclos de l'ACP
devraient en ajouter sur la chaîne et les pignons qui commencent "
à se gripper " ( km130) en arrivant à Vaison la Romaine, joyau de
la Provence romaine où l'ACP accomplit en direct " un travail de romain
".
La visite du site romain est repoussée à un jour ultérieur.
La Légion ACP poursuit sa route victorieuse vers Malaucène - 8 kms
de route en faux plat avec léger vent de face difficile à négocier.
Malaucène où la priorité est la fontaine pour remplir les bidons et
s'asperger abondamment, avant d'attaquer le célèbres dentelles de
Montmirail.
Le groupe se sépare en deux ; Gérard, Jean, José passent par La Madeleine
tout droit sur Bédoin . Jean Michel, Michel, Vincent, Walter, Richard
et Francis partent à l'assaut du col de la Chaîne le bien nommé (l'ACP
entreprend un travail de galérien) et le col de Suzette ( 8 kms).
Les 3 derniers kms jusqu'au village de Lafare sont pentus et sur une
route écrasée de soleil, la fatigue aidant , il faut garder " le cap
". Un magnifique paysage se déroulant devant nos yeux, nous sommes
au cœur des dentelles de Montmirail, nous incitant à pédaler. Le groupe
se reforme à la table d'orientation de Lafare d'où l'on aperçoit l'église
de Bédoin en face ! Mais pour l'ACP, il faudra cycler à l'opposé,
vers la Roque Alric et le Barroux, magnifiques villages pleins de
charme. La route qui y mène elle est coriace, nous enchaînons les
ruptures de pentes ! La Roque Alric, on s'en souviendra ! Quelle fin
de montée dans la pinède et un dernier 500 m à 15% minimum. Après
150 kms, dur dur pour notre dos ! ! Mais quel panorama sur la plaine
du Comtat, les Monts du Vaucluse et les dentelles de Montmirail. Descente
vers le Barroux " le barroud d'honneur " de l'ACP, photo-souvenir
devant la forteresse qui rend les armes devant l'ACP. Ouf ! çà sent
bon l'écurie vers Caromb et Grillon le Brave. Brave comme les cyclos
de l'ACP. Encore 5 kms avant Bédoin. Michel et Richard passent le
turbo final ; çà décoiffe pour Francis qui termine (vent de face)
sur les " pignons ". Walter, Jean Michel et Vincent ne sont pas loin
derrière et nous traversons Bédoin devant les bolides de la course
de côte du Ventoux en ….vainqueurs. La piscine des " Florans " et
une bonne douche glaciale nous attendent pour nous remettre de tant
d'émotions vécues en une seule journée. Le repas des Florans est parfait
et les cyclos rechargent en glucides. Demain rebelotte, avant de se
coucher, une promenade pour certains jusqu'à Bédoin, et une partie
de pétanque (José nous doit une revanche) incontournable au pays de
" Fanny ". Francis et son équipe gagnent haut le cochonnet cette revanche
sur José gràce à une partie de légende de Michel et Vincent dignes
de la Provençale à Marseille.
Dimanche 10 juin - Du Pays de Sault aux gorges du Toulourenc et
de la Nesque
Soleil étincelant et moral au beau fixe pour les 13 cyclos après une
bonne récupération et un petit déjeuner calorique, ils sont prêts
à en découdre sur les routes du plateau de Sault et de la Drôme Provençale.
A la sortie de Bédoin, nous laissons la route du Ventoux et cyclons
vers le sympathique village de Flassan - km 7 - au milieu des champs
de cerisiers et d'oliviers. Superbe ! Jean prend les devants, le col
de Notre Dame des Abeilles se trouve juste à la sortie du village
en direction des Gabelles. L'ascension se fait sur une belle route
qui serpente dans les bois dominant Flassan. Michel, Richard, José
et Walter se lancent à la poursuite de Jean ; Francis, Gérard, Daniel,
Alain et Joachim grimpent sur un tempo très cool et Vincent, Jean
Michel et Bernard jouent les " G.O. " du Club Méditerranée. L'ACP,
facile, admire la face sud du Mont Ventoux. Il sera bien là demain
matin ! Les cyclos se regroupent avant d'attaquer les deux bosses
de " chameaux " qui amènent au sommet de Notre Dame des Abeilles.
En parlant de chameau, c'est un sanglier qui course José et Francis
. Sur l'accélération, Francis et José faussent compagnie à la troupe
et entament une descente vertigineuse sur le village de Sault. Sault
situé au bord d'un vaste plateau boisé et encerclé par des champs
de lavande, Sault fait partie de la route des Lavandes, nature magnifique.
A l'entrée de Sault, l'ACP se resserre devant un chenil de chiens
d'arrêt , musique garantie ! Sault n'est pas loin et d'une pédalée
déliée et efficace, les 13 cyclos débouchent sur la place du village
où une fontaine nous attendait avec impatience. Cà fait du bien avant
de poursuivre sur Aurel ( km 40 ) et Montbrun les bains où ils apprécient
pour la 2ème fois la beauté du site. Assez plaisanté pour aujourd'hui
! çà va se corser. Les choses sérieuses commencent direction Aulan
et en particulier le col d'Aulan (8 kms) dans les magnifiques gorges
du Toulourenc. Sur une route encaissée nous remontons le Toulourenc.
Jean et José ouvrent les hostilités. Une Vierge Noire surgit sur un
piton rocheux à gauche avant le village d'Aulan ( priez pour nous
Seigneur !). Puis à la sortie d'un virage, apparaît le magnifique
château d'Aulan, point stratégique des Comtes de Mévouillon. Nous
dépassons un vetetiste à 1.5 km du sommet où les cyclos pradéens à
tour de rôle franchissent " la ligne " sous l'œil du " Ventoux ".
L'ACP n'était pas seule à cycler et bientôt il y a " embouteillage
" entre cyclos provençaux, cyclos hollandais et cyclos du Béarn. Tous
devaient être à nos trousses ! que de monde ! Vincent et Jean discutent
en hollandais ou en anglais. Un cyclo béarnais nous dit tout le bien
qu'il pense du col de Perty que les cyclos pradéens vont affronter
tout à l'heure. Après toutes ces discussions, direction la Rochette
et Saint Auban sur Ouvèze. km 63 sur une asphalte toute en descente,
puis en faux plat montant, vers le fief des Montauban, village colonisé
par les châtaigniers attirés par un sol silicieux. Les cyclos de l'ACP
eux sont attirés et hypnotisés par les premiers faux plat du fameux
col de Perty via Montauban sur Ouvèze et Ruissan. Nous remontons toute
la vallée de l'Ouvèze sur une quinzaine de kilomètres sous une chaleur
conséquente (bientôt midi). Les 9 kms du col de Perty ne seront pas
du gâteau. Pas un arbuste sur les pentes du Perty. La pente est ardue
et les cyclos " montent " au moral surtout que le repas de midi est
prévu après le sommet. Richard, Michel et Francis cyclent en trio
sur un bon tempo, Michel demande un steak pour son séant, derrière
Walter déroule en solo sur un bon braquet, Jean et José s'accrochent
tout en souplesse, Jean Michel et Vincent à leur rythme, sûrs d'eux
dévorent les virages du Perty où le roi soleil règne en maître. Enfin
le sommet où les cyclos devisent sur le lieu du pique nique à venir.
Après moultes palabres, Vincent, en connaisseur " camping caravaning
" nous suggère le village de Laborel à 10 kms de descente, aire de
pique nique assurée ! Bravo ! super aire à l'entrée du village, plus
fontaine pour " la douche d'après repas " et Aline et Marie Ange qui
nous servent un repas pâtes jambon riz super glucidique - km 80. 14
h 30 - recharge des bidons et c'est parti vers le col Saint Jean sans
coup férir. Misère de misère, après le repas, l'ascension du col Saint
jean ( 5.5 kms) est difficile. La pente est élevée, l'altitude est
à plus de 1200 mètres ; heureusement, les cyclos en ont dans les gibolles
et pour deux bonnes raisons : une cyclote bien galbée trace la route
devant eux et les parapentes qui survolent la vallée, vue panoramique
imprenable, ont la fâcheuse idée de nous tomber sur la tête. Au sommet,
nous admirons ce ballet de parapentes. Enfin, ceux qui ne tombent
pas ! Il faut dire que le vent souffle fort là haut ! Nous fonçons
toutes voiles dehors vers Eygalières ( km 100) sur une descente difficile
où Vincent à la fâcheuse idée de crever ! Cette crevaison permet aux
cyclos de récupérer à l'abri de la magnifique fontaine d'Eygalières.
Puis direction Séderon en faux plat descendant puis sur de lignes
droites avec un léger vent de face où les cyclos pradéens vont prendre
des relais. Eh oui ! Vincent véridique. Jean , José, Walter, Michel,
Richard et Francis, un exploit authentique sans entraînement, fallait
oser ! sur 13 kms. Séderon, un peu d'histoire, se trouve dans les
hautes baronnies dominé par le rocher de la Tour. La rivière La Méouge
coule au pied de Séderon coloré par les champs de lavande, de blé
et de tilleuls. Le ciel est d'un bleu pur qui embellit encore plus
le paysage, pourtant les hivers sont rudes à Séderon. Ce qui risque
d'être rude, c'est l'arrivée du col de Macuègne et en suivant le col
de l'Homme Mort. L'ACP bien groupé enfin presque, Jean Michel et Vincent
en retrait pour cause de prise de vue et dissertation historique et
économique sans doute ! Col de Macuègne ( 4.5 kms) régulier mais facile
pour les cyclos à la musculature " bien chaude " et aux jambes " bien
huilées ", çà tourne à plein régime et l'ACP en entier atteint le
sommet. Enfin un arbre et un banc pour un peu de fraîcheur et un court
moment de répit avant d'en finir avec le dernier col de la journée,
le col de l'Homme Mort à 1213 m. 5 km 5 d'ascension dans la forêt
pour achever les valeureux cyclos de l'ACP mais tels des dragons crachant
le feu, l'ACP emporte tout sur son passage pour terminer au sprint
au sommet de l'Homme Mort où les dragons de l'ACP sont bien vivants.
Une photo s'impose pour preuve. La descente qui suit sur le village
de Ferrassières sur une route large et rapide, donnant une agréable
sensation de vitesse ( km 130), çà décoiffe . Devant la table d'orientation
au milieu des champs de lavande, sensations garanties pour les descendeurs.
Droit sur Ferrassières, village de la Drôme en bordure du plateau
d'Albion où se profilent le mont Ventoux et la montagne de la Lyre.
A Ferrassières, direction Sault, à travers les champs de lavande.
A bloc les manivelles, c'est pas cette fois que les cyclos goûteront
les nougats, macarons et le miel de lavande du pays de Sault. A Sault,
l'ACP en peloton file vers l'entrée des fameuses gorges de la Nesque,
délimitées par le village de Monieux, accroché aux contreforts des
gorges de la Nesque, par la route de la Gabelle bordée de chênes verts
et de buis. La route s'élève en faux plat, découvrant un paysage somptueux,
pour les cyclos pas le temps de souffler. Il faut appuyer et jouer
du dérailleur. Vide, vertiges garantis, face au rocher du Cire. Il
y a 60.000 ans, ce très beau canyon abritait les premiers habitants
de la région. 20 kms de descente sur Ville d'Auzon attendent les cyclos.
Descente où il faut sans cesse " pédaler " et relancer la mécanique
sur une route sinueuse et encaissée, balayée par un léger vent de
face. Nous avons tout à loisir d'observer ce canyon d'une profondeur
de 400 m avec des tunnels de rochers. Richard, Jean, Francis sont
en relais pour emmener " le train de l'ACP " sur Ville d'Auzon, dans
la quiétude de fin d'après midi où règne une atmosphère provençale
faite de tranquillité et de farniente. Nous sommes au pays du bien
manger et du bien boire ( km 160). En parlant de boire, nous décidons
de terminer cette journée historique par des boissons rafraîchissantes
au café de Mormoiron où une accueillante aubergiste voit débarquer
8 cyclos et 2 accompagnatrices assoiffés après ce raid de 160 kms
en pays de Sault. Pression, Monaco, Pierrier désaltèrent l'ACP. Cà
va déjà mieux pour Vincent, Walter et consorts et même si la " petite
suisse est sympa " il faut boucler cette deuxième journée, plus que
12 kms pour atteindre les Florans. Francis veut reprendre le jeu des
relais mais Vincent n'y croit pas et le président n'est pas pour sur
cette route en faux plat montant vers Flassan. Plus que 5 kms, Richard
prend le relai de la petite troupe mais en parlant avec José il se
trompe de chemin. Vincent prend la poudre d'escampette suite à la
marche arrière du grupetto. Francis le course mais apercevant la silhouette
de Vincent, il n'insiste pas et voir débouler Michel et Jean Michel,
tels des chasseurs à la poursuite du lièvre. Tout çà pour dire que
comme d'habitude, l'ACP termine sa journée ( km 178) sur une série
d'intensités pour faire monter le cardio. On appelle cela un sprint
pancarte. Pour dire que malgré deux jours à jouer à saute moutons
autour du Ventoux, l'ACP garde une forme olympique. Et en passant
devant le cimetière de Bédoin, le Florans se trouve en face ; l'ACP
est loin d'être à terre. Après avoir remisé les vélos, les cyclos
prennent une bonne douche et un bain revitalisant, puis vont ingurgiter
les pâtes et autres victuailles délicieuses que leur a concocté le
chef cuistot des Florans. L'ACP tient un appétit d'ogre, de bonne
augure pour affronter le Mont Ventoux demain à l'aube. Au fait, par
quel versant ? réunion d'urgence décrétée par José dans les jardins
du Florans. Le président dévoile le plan d'attaque du Mont Chauve.
Ce sera par Bédoin sinon rien ! bravo président L'ACP au grand complet
- comptez-vous 13 - sera au top demain pour dompter l'ogre de Provence.
Juste il va y avoir du sport sur les pentes du géant de Provence
lundi 12 juin - Le géant de Provence
Lundi 12 juin, nous y voilà ! après deux premières journées longues
et pas faciles, tant par la distance (170 kms par étape) que par les
difficultés, une quinzaine de " petits cols provençaux " mais remarquables
par la beauté des sites et des majestueux paysages traversés : pins
du plateau des Abeilles, lavandes de Sault et Ferrassières, abricotiers
et tilleuls de la Drôme provençale, gorges de la Nesque et vallée
sauvage du Toulourenc, le 13 cyclos de l'ACP sont fin prêts à s'attaquer
au géant de Provence le bien nommé Mont Ventoux dont la tête flirte
à 2000 m, dit " le Mont Chauve ". Dans le monde du cyclotourisme,
il est des lieux qui forcent le respect, des cols que tout cyclo se
droit de gravir ne serait-ce qu'une fois, des mythes à vaincre. Le
Ventoux en est. L'ACP ce matin est au pied du géant qui prend racine
au cœur des bosquets d'oliviers, des touffes de thym et de lavande
et de vignobles des côtes du Ventoux. Tel une formidable sentinelle,
le mont Ventoux barre l'horizon de ses pentes boisées érigeant avec
fierté la calotte blanche ornant le sommet. Pendant deux fois, il
s'est rappelé au souvenir des cyclos : nord, sud ; est, ouest, il
est incontournable. L'ACP s'est imprégnée de sa présence durant deux
jours. Bien sûr, au petit déjeuner les jambes sont lourdes après 350
kms de randonnées autour du Ventoux mais la concentration et la motivation
de chaque cyclo est à son maximum pour s'offrir la montée sud, la
plus dure, du Mont Ventoux par Bédoin. 2 groupes se constituent au
départ matinal - 7 h 15 - des Florans, Bernard, Gérard, Alain, Daniel,
Jean, José, Joachim et Walter partent en éclaireurs ; Richard , Michel,
Jean Michel, Vincent et Francis forment le second grupetto. Une journée
exceptionnelle, côté météo pour " grimper le géant de Provence " un
ciel bleu étincelant et un vent presque nul. Conditions idéales pour
gravir les 22 kms de bitume pour une dénivelée de 1609 m avec des
pourcentages de pentes de 7.60% et un maximum de 10.70% . Les bornes
kilométriques sont là pour le rappeler et pour donner le punch nécessaire
pour se faire mal. Les cyclos sont lancés vers le Mont Ventoux sur
cette route construite en 1882 pour desservir l'Observatoire météorologique
; pour les 13 cyclos, une seule idée en tête et dans les jambes :
atteindre l'Observatoire. Pour arriver à ce résultat et dompter le
Mont Chauve, il faut rester humble. Au départ de Bédoin, le versant
sud est le plus terrible, dominant les vignes et les vergers, s'étagent
les maisons du beau village de Bédoin, nous prenons la direction de
Flassan et cyclons vers le charmant village de Sainte Colombe. Les
premiers kilomètres serpentent de façon agréable sur une pente de
5%, idéal pour la mise en jambe et vérifier les petits braquets. Nous
passons Sainte Colombe et le restaurant La Garance (souvenir de notre
précédent séjour avec l'ACP en ……….1995 - 11 ans déjà). Rien n'a changé
et derrière le fameux virage le Saint Estève se profile. Traversée
par un virage serré, la pente se relève sous les roues des cyclos
de façon abrupte " la brute ", en remontant toute la combe Roland.
Fini la rigolade, la partie de moulinette à la " Lance " va commencer.
Bon va falloir tourner les gambettes et pas s'endormir. Seule consolation
pour les cyclos, le bitume a été entièrement rénové. On roule sur
du velours. La course auto de côte du Ventoux la veille a laissé des
traces sur l'asphalte. Ce matin, l'ACP est à l'image des bolides,
sûre d'elle et à fond le manivelles. Cà tire sur le guidons et les
guibolles. Les premiers kilomètres se grimpent sur les épaisses frondaisons
de la plus vaste cédraie d'Europe ( 6300 ha) reboisée par Napoléon
III. Les duos se forment. Jean Michel et Vincent, Richard et Francis.
Michel décide de rejoindre le 1er grupetto et appuie sur les pédales.
Pour Richard et Francis qui roulent de concert, ne pas regarde devant,
la pente et le pourcentage qui ne descend pas au dessous de 9% peuvent
déconcentrer. Mieux vaut admirer les sapins, les mélèzes, pins et
chênes verts de ce remarquable paysage où l'exceptionnelle richesse
de la flore et de la faune est protégée, protégée comme les têtes
des cyclos pradéens, n'est ce pas José ! Jusqu'à la station de ski
du chalet Reynard à 1417 m, il faut avaler - 7.2 kms où les bornes
kilométriques ne décollent pas de 9 %, 9.1 ; 9.2 ; 9.3 et atteint
même 10.7% sur certaines portions ! ! ! Gérard et Bernard roulent
en duo eux aussi, sûrement pour se donner du courage en parlant de
plage ensoleillée ou autres histoires catalanes. Daniel le Parisien
et José le Nordiste roule seul et avance stoïquement vers le sommet.
Au Ventoux on n'est jamais seul : on rattrape toujours des cyclos
ou on se fait rattraper en fonction de sa forme du moment. Certains
ont le gabarit de grimpeur, c'est le cas de Walter et de Michel qui
caracolent vers le chalet Reynard. D'autres sont plus à l'aise sur
les pavés du Nord, n'est ce pas Jean ? plus qu'un km pour atteindre
le chalet, pas le moment de s'arrêter. Richard et Francis cyclent
un court instant avec les cyclos anglais de Manchester. A la sortie
de la cédraie, 1 km pour atteindre le chalet Reynard construit en
1927. Nous débouchons en pleine lumière et apercevons le chalet au
bout d'une longue ligne droite. Ouf ! la 1ère partie de l'ascension
est dans la poche. Une courte pause pour se compter ( 13) , un bon
petit café de Colombie ou d'ailleurs pour la stimulation musculaire.
Attention de ne pas prendre froid à 9 h du matin, la température est
frisquette. Joachim notre " doyen du Ventoux " décide de continuer,
chaud, brillant l'ancien, grimpeur pur Colombien , il a raison le
bougre. Mais bon sus aux cafés, chocolat et autres boissons qui sont
avalées en expresso par des cyclos euphoriques. En daban ! direction
l'Observatoire et la chapelle Sainte Croix. " le chemin de croix,
non pardon, le chemin de joie de l'ACP ". 6 kms dans un désert de
rocailles et de caillasses, dans la fraîcheur et un ciel dégagé de
tout nuage, splendide et à déguster en douceur. Un premier kilomètre
avec un court répit à 7%, faut en profiter pour récupérer, faire descendre
le cardio et tourner les jambes, Lance a raison Mouliner le plus possible
pour éliminer les toxines. Encore faut il pouvoir le faire. Devant
nous se déroule un décor rude qui fait le bonheur des " safrixages
" fleur d'origine arctique et des cyclos pradéens qui en prennent
plein les " rayons ". La pente oblique vers l'ouest pour 5 derniers
kms, tout aussi pentue que le début de l'ascension. Heureusement pas
de vent ce matin, pas de vent du tout. Nous cyclons sur un " vent
tout bleu ". Par contre la route elle décrit d'interminables lacets,
la fréquence de pédalage de cyclos est rythmée par les fameux piquets
jaunes et noirs, aux couleurs de la cité de Carcassonne. Pour l'heure,
les cyclos de l'ACP , Joachim en tête se frayent un passage dans ce
paysage lunaire. Dans ce lieu s'observent parfois les plus sérieuses
défaillances. La stèle de Tom Simpson le rappelle à 2.5 km du sommet.
Beaucoup de cyclos y déposent des bidons, casquettes etc pour les
cyclos pradéens point de défaillance. Joachim est repris par Michel,
Francis, Richard et Jean-Michel à l'approche du col des Tempêtes (
1829 m) plus que 2 kms. La pente s'accentue encore plus de 9%. Nous
apercevons en contre bas le village de Brantes et la vallée du Toulourenc
que sous avons visités la veille ! Jean José Daniel Walter Gérard
Alain Bernard sont en ordre dispersé mais avec un moral d'acier ,
pardon de carbone avec en ligne de mire les radars, l'observatoire
à la grande tour rouge et blanche qui coiffent le Mont Ventoux ( 1912
m) Cà mouline sérieux dans l'ultime km. Michel passe en tête et coupe
la ligne suivi de tous les cyclos de l'ACP qui escaladent le dernier
rampillon du Mont Chauve qui à la Virenque, qui à la Merckx, quelle
classe ! se projetant dans une immense joie personnelle, largement
méritée, chapeau bas les cyclos au paradis de Provence. Dy haut du
Ventoux, un somptueux panorama qui permet aux cyclos et à leurs accompagnatrices
d'admirer les Alpilles, les Cévennes, Marseille et même ô peuchère
notre Canigou, notre Ventoux du Roussillon que nous fait un grand
" coucou " Séance photos obligatoire où les sourires ont fait place
à la fatigue de cette dure ascension puis nous enfilons le K Way et
des journaux pour la descente rapide et vertigineuse sur Bédoin où
Alain l'Ariégeois a passé la grosse plaque après la moulinette çà
fait du bien. Daniel et Michel, les néophytes de l'ACP roulent à bloc
et font " la descente en virtuoses ", le reste de la troupe descend
" groupir " et ce jusqu'à Sainte Colombe où Vincent en profite pour
faire le sprint final. Alain me demande pourquoi ? Je lui répond que
c'est un jeu inventé par les cyclos de l'ACP " la chasse aux panneaux
village arrivée " Alain n'était pas présent aux arrivées des deux
premières journées. Encore faut il avoir du jus dans les socquettes
pour le pratiquer. La preuve que l'ACP détenait une forme " championnat
du monde " en terre de Provence. Après une douche froide pour certains,
un plongeon dans la piscine pour d'autres, fallait se remettre de
tant d'émotions vélocipédiques et effacer toute fatigue musculaire
avant le retour en pays catalan. Les pradéens se retrouvent une dernière
fois autour d'une bonne table pour un repas succulent et bien préparé
par l'équipe des Florans . Cà discute ferme et on parle déjà de la
prochaine sortie 2007 Ariège, Pays Basque Massif des Maures l'avenir
décidera. Après le embrassades de fin de séjour, nous repartons vers
notre Roussillon , des images plein la tête et comme les pétanqueurs
de Provence du côté de Bédoin : les cyclos pradéens ne sont pas revenus
Fanny bien au contraire, ils ont gagné la partie par 13 cyclos à zéro.